Mahshid Amir-Shahy occupies
a place of choice in the gallery of Iranian authors. She
started her career early in life and was soon hailed by art
critics for her precocious talent as well as the high quality
of her writings. Her refined prose, which became more and
more sophisticated from book to book, promoted her to one
of the most prominent figures of contemporary Persian literature.
Her lucid, colourful, precise, sensitive and inimitable style is as
much suited to brush her characters as is in painting their surrounding
world. The brilliance of her writing is partly due to her vast vocabulary
and generosity of vernacular. She builds her characters up through
their hold of the language and their dialogues, constructed with a
mastery unequalled in Persian literature of our time.
The diversity of Mahshid Amir-Shahy's works makes it impossible to
classify her under any of those categories that befit so well other
Iranian writers. Her force of character and artistic rigour have kept
her from following the literary or political fashions that every now
and again shake and shape the intelligentsia of Iran. She has always
stayed aloof from these bustles that may bring quick and ephemeral
fame for satisfying the demands of a migratory public, but at the end
prove fatal to the artistic essence of the work.
Her ties with literature and politics remind one of those of André Gide.
As devoted as the latter to creating literature of great value, she
does not hesitate to intervene in crucial public issues. She also has
the courage to take a firm stand, at times very unpopular, as did Gide
in the case of Dreyfus, or when faced with communism, or during the
occupation of France.
At the dawn of the revolution that brought Khomeiny to power, Mahshid
Amir-Shahy's deep respect for human dignity, so palpable in her writings,
made her take publicly position against the effervescence of fundamentalism
and fend for the slender chance of a secular democracy with all her
might. This standpoint forced her into exile, where she kept on writing
her novels as well as her fight against the islamism.
Hezar Bisheh, a trilingual book (English,
French, Persian), in which the actual languages used by
the author herself have been maintained, contains a selection
of her lectures, interviews and articles given and written
in exile. Her humanism and attachment to promoting a secular
democracy in Muslim countries are the leitmotiv of these
elegant and powerful texts.
Quelques mots sur Mahshid Amirshahi (Amir-Shahy)
Extrait de la préface de Hezarbisheh :
Mahshid Amir-Shahy se tient au premier rang
des écrivains de l'Iran contemporain. Elle commença très
tôt sa carrière et fut remarquée par la critique autant
impressionnée par la précocité du talent que par la qualité littéraire
de ses ouvres. Cette qualité de style ne manqua pas de
s'affiner et de varier au fil des livres qui se succédèrent
et Mahshid Amir-Shahy réussit ainsi à s'affirmer comme
l'une des figures éminentes de la littérature persane contemporaine.
Mahshid Amir-Shahy a un style limpide, coloré, précis, sensible et
inimitable, aussi à l'aise pour décrire ses personnages que dans la
description du monde qui les entoure. L'éclat de son style provient
surtout de l'étendue de son vocabulaire, et, toujours généreuse de
ses mots, elle permet à ses personnages de se faire connaître au lecteur à travers
le rapport qu'ils entretiennent avec la langue et par l'intermédiaire
des dialogues construits avec une maîtrise inégalée dans la littérature
persane de notre siècle.
La variété de l'ouvre de Mahshid Amir-Shahy ne permet pas de la classer
dans une de ces catégories qui conviennent parfois si bien aux écrivains
iraniens de ce siècle. Son individualisme et sa rigueur artistique
l'ont toujours empêché de rejoindre les modes littéraires ou politiques
qui n'ont pas cessé d'influencer les milieux artistiques et intellectuels
en Iran. Elle a préféré construire son ouvre en marge de ces remous
qui facilitent la reconnaissance, routinisent la création artistique
et répondent favorablement aux demandes d'un public passager mais qui,
sur le long terme, se révèlent fatals pour le destin de l'ouvre.
Son rapport à la littérature et au politique fait penser à Gide. Parce
qu'elle s'est consacrée en premier lieu à la construction d'une ouvre
de très grande qualité littéraire tout en n'hésitant pas à intervenir
dans le débat publique aux moments les plus graves, en ayant le courage
de prendre des positions parfois très impopulaires comme Gide l'avait
fait au moment de l'affaire Dreyfus, ensuite face au communisme et
pendant l'occupation de la France.
Au seuil de la révolution qui allait porter Khomeyni au pouvoir, son
sens aigu du respect de l'homme, si palpable dans son ouvre, la poussa à prendre
publiquement des positions politiques, à s'élever contre l'avancée
de l'intégrisme et à défendre les minces chances d'une démocratie laïque.
Cette prise de position l'accula à l'exil où elle continua à publier
plusieurs romans tout en s'engageant de plus en plus dans la lutte
contre l'islamisme.
Hezarbisheh, an recueil trilingue (français,
anglais, persan), où la langue originale des textes a été conservée,
comporte une sélection de discours, articles et entretiens
rédigés ou effectués en exil. L'humanisme et l'attachement à la
cause de la promotion de la démocratie laïque dans les
pays musulmans constituent le fil conducteur de ces textes à la
fois forts et subtils.
Ramin Kamran
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